Les documents du Nouveau Testament sont-ils fiables ?

Si vous voulez jeter le discrédit sur le christianisme, il suffit de prouver que le Nouveau Testament, son texte fondateur, n’est pas fiable. Il suffit de dire que ce ne sont pas les bons auteurs qui ont écrit, que les différents textes ont été rédigés bien après les faits, etc.
Que sait-on au juste de l’origine et du mode de transmission de ces manuscrits fondateurs ?

Tout d’abord, un constat s’impose. Comme tous les manuscrits de l’époque antique, nous n’avons aucun manuscrit original. Cependant, il existe des copies des manuscrits originaux qui permettent de retrouver le texte original (à l’aide de méthodologies très rigoureuses que nous ne développerons pas ici). 

L’étude des manuscrits nous permet de dire que le Nouveau Testament est un texte privilégié qui comporte de très nombreux manuscrits qui sont très proches en intervalle de temps du manuscrit original. Observez plutôt : en ce qui concerne les manuscrits de la même époque, il reste 643 copies de l’Iliade d’Homère (séparé de 400 ans de l’original), 4 livres et demi sur les 14 livres de Tacite (et seulement 2 manuscrits qui datent du 9e et 11e siècle), 9 ou 10 manuscrits de la Guerre des Gaules (à partir de 850 ap. J-C, séparé de 1000 ans de l’original).
Pour les documents du NT, nous avons en notre possession plus de 5000 manuscrits (dont le fameux papyrus p52 appartenant à la collection Rylands date de 120 ap JC et contient Jean 18 : 31-33 (recto) et 37-38 (verso), qui a permis notamment de montrer que l’évangile de Jean n’a pas été écrit au 2ème siècle).

 

De plus, l’intervalle temporel qui sépare l’original de la première copie retrouvée est tout à fait intéressant à examiner. En ce qui concerne la Guerre des Gaules, l’intervalle entre la première copie et l’original est de 900 ans. En ce qui concerne les annales de Tacite, l’intervalle est de 800 ans. En ce qui concerne, les manuscrits du NT, ce n’est même pas 200 ans. Par ailleurs, on a des manuscrits complets qui datent de 350 ap. JC, et dès le 2ème siècle, on trouve une littérature abondante citant le NT (les Pères apostoliques, Justin, Irénée, Tertullien,…)

 

Sir Frederic G. Kenyon, l’ancien directeur et bibliothécaire en chef du British Museum en conclut que : « Leur nombre mis à part, les manuscrits NT différent de ceux des auteurs classiques … Dans aucun autre cas, le laps de temps écoulé entre la composition du livre et la date des premiers manuscrits existants n’est aussi court que dans celui du NT. »

 

Il est généralement accepté que l’apôtre Paul a écrit ses lettres – qui vont circuler dans tout le bassin méditerranéen – entre 50 et 62 ap JC. Seulement 17 ans après la mort de Jésus et son ascension.

 

En ce qui concerne les évangiles, il est possible d’établir qu’ils commencèrent à circuler à la fin du 1e siècle – début du 2e siècle par les citations des Pères de l’église dit apostolique (Clément mort en 96, Ignace qui rédige ses lettres en 115 et Polycarpe en 120). Entre eux, ils attestent qu’ils connaissent 25 des 27 textes du NT (Jean et Jude ne sont pas mentionnés). On peut donc en déduire que la plupart des livres du NT circulaient avant l’année 100.

 

En ce qui concerne la transmission des textes à travers l’histoire, les chrétiens avaient l’habitude de se réunir pour écouter la lecture des Ecritures d’où la prolifération des documents, et la grande quantité de manuscrits. Les trois manuscrits les plus célèbres datent de la période des années 300-350 ap J-C. Il s’agit des manuscrits Vaticanus, Sinaiticus et Alexandrinus. Le premier est gardé dans la Bibliothèque du Vatican et n’est pas entièrement complet. Le deuxième est gardé au British Museum, il contient le NT en entier et presque tout l’AT. Il manque aussi quelques pages de l’AT et du NT au dernier. Les manuscrits plus anciens ainsi que les citations des Pères de l’église confirment la grande fiabilité de ces trois manuscrits.

 

A l’aide de ses nombreux manuscrits (+ de 5000 sans compter les nombreuses traductions), les experts se livrent à une véritable investigation pour déterminer le texte original. Selon la plupart des experts, le texte du NT est fiable à 98%. Parmis les parties « discutées », aucune ne touche à une doctrine majeure de la foi chrétienne.

 

© Aurélien Lang

 


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